Trek de Choquequirao

08>12.12.2015

Donc, comme expliqué dans le post précédent, on a décidé de faire ce trek de 5 jours en compagnie de Linus, voyageur suisse-allemand rencontré à Huaraz au début de notre séjour. On fait le trek en solo, comme pour Santa-Cruz, on évite les formules touristiques coûteuses avec guides, mules qui portent les sacs, et autres cuistots, monteurs de tentes, etc… On le fait à la “débrouille” avec notre propre matos et nos sacs de 12-15 kg chacun sur le dos!

On compte également faire le trek de Salkantay dans les mêmes conditions, de 5 jours aussi, au terme duquel on arrivera aux célèbres ruines de la cité inca du Machu Picchu. Mais on s’y consacrera un peu plus tard, on attaque d’abord le Choquequirao, annoncé plus difficile: une soixantaine de km dans la vallée du Rio Apurimac (importante rivière péruvienne, qui arrose notamment les régions de Cusco et Ayacucho), franchissant plus de 1.200m de dénivelé en descente, et plus de 1.400m en remontée, exposée plein sud! Initialement, après 2 jours, au départ du village de Cachora, on arrive proche du site archéologique du Choquequirao, et puis on en a pour deux jours également pour aboutir à Huanipaca, où s’achève l’aventure. On apprendra en cours de route que les chemins vers Huanipaca ont subi des éboulements et sont impraticables point de ves sécurité; on sera donc contraints de reprendre le même chemin que l’aller après avoir visité le Choquequirao…. et donc encore descendre et remonter…. bref, on va traverser et retraverser la vallée de l’Apurimac en suivant son profil le plus ardu!

Le site archéologique de Choquequirao, quand à lui, constitue également un ensemble de ruine d’une cité Inca, comparable à celle du Machu Picchu, à la différence qu’elle s’étend sur un périmètre plus vaste, qu’elle n’a pas encore été totalement explorée/défrichée à ce jour (elle conserve donc encore quelques secrets!), et qu’elle n’est que très peu visitée à ce jour, n’étant accessible par aucune voie carossable ni ferrée. Il parait qu’un projet de téléphérique/télésiège pourrait voir le jour à l’avenir, et ainsi drainer des flots de touristes pour en faire véritablement un second Machu Picchu….. Heureusement, on l’aura vue à l’ancienne, à la force de nos jambes et à la sueur de nos fronts…bras, torses, dos, jambes, etc… enfin bref, le moindre cm2 de notre corps l’aura senti passer!!!

 

jour 1 – la descente

08.12.2015

Linus nous avait proposé de visiter le site de Saywite, proche du départ de la rando. Vu qu’il arrive de Cusco (3:30 de route) et nous d’Abancay (1:00), on est là bien avant lui et on commence la visite sans lui, de bonne heure!

Le site est sympa, mais le droit d’entrée costaud, assez disproportionné. Il s’agit d’un ensemble Inca dédié au culte principalement, constitué de quelques secteurs un peu éparpillés: temple, terrasses en escalier, genre de plateforme-autel et autres lieux de rassemblement, et monolithe sculpté. Ce dernier est la pièce principale; c’est un gros bloc de pierre dont la surface supérieure représente des figures animales (grenouille, etc.) et architectoniques (plateformes, escaliers, canaux, etc…). Après renseignements, il pourrait s’agir d’un modèle, une sorte de “maquette expérimentale” utilisée pour tester des systèmes de cheminements d’eau avant de les construire dans les cités et autres sites incas.

Ensuite, on retrouve Linus, qui n’a finalement pas le temps de visiter ce site, on prend un taxi pour Cachora où démarre l’aventure. Après quelques heures et quelques km globalement en descente, avec vues splendides sur la vallée de l’Apurimac, on arrive en fin de journée au camping de Chiquiscca. Pas de village, juste un camping, à une heure du camping suivant, en bord de rivière, qu’on a pas eu le temps d’atteindre le premier jour.

 

jour 2 – la montée en plein soleil

09.12.2015

Après une mauvaise nuit, due aux bruits continus jusqu’à l’aube d’un groupe de touristes péruviens (musique, fiesta, etc…et oui, les Péruviens aiment le bruit….), on entame la journée par la fin de la descente et la traversée du pont suspendu sur l’Apurimac. C’est là qu’on apprendra définitivement, via le garde du pont, que la partie finale du trek est impraticable et qu’on devra revenir par le même chemin.

La montée est très dure, le soleil tape fort, l’exercice physique commence à tenir d’une certaine performance! Mais on est des challengers, on y croit! 😉 En cours de route on croise d’autres randonneurs, dont deux frères français bien sympas, Maël et Mateo, qu’on croisera jusqu’à la fin, dans chaque camping et sur chaque chemin.

Fin de journée, au terme de l’épreuve la plus costaude, arrivée au camping du petit village de Marampata. Petit coin trés pittoresque où on fait la connaissance d’une famille canadienne, très sympa également, qui fait le trek selon une formule organisée, et qu’on croisera et recroisera également au fil des jours.

 

jour 3 – las ruinas de Choquequirao

10.12.2015

On prend une journée pour visiter les ruines: on est à 1:30 à pied du site, qui lui-même est très étendu. Pendant ce court trajet, Agata a le temps de susauter comme ça ne lui est jamais arrivé, apercevant, juste devant ses pieds, un serpent noir d’1m50 traverser le chemin! Trève de frayeurs, une fois sur le site, on descend et on monte encore pour passer d’une partie à l’autre, l’atmosphère est très changeante ce jour: on passe du soleil à des brumes épaisses (nuages) et un peu de pluie. Ca bouche par moment des vues intéressantes, mais ça donne du caractère au site… après tout on est sur un sommet à près de 3.000m d’altitude!

Les différentes zones sont constituées d’ensembles de bâtiments sur les parties plus ou moins planes ou de terrasses en escaliers à même les pentes, parfois abruptes, de la montagne. Sur les murs des terrasses côté ouest se trouvent des représentations de lamas en pierres blanches, ce qui est un cas unique dans l’architecture Inca. Des canaux de distribution d’eau en pierre serpentent à travers tout le site, ayant permis d’approvisionner chaque lieu à partir de sources qui semblent à sec aujourd’hui.

D’une manière générale, cette architecture est très posée est rationnelle, en étroite relation avec les contraintes de matière (pierre, structure), et de topographie. Elle présente des rythmes réguliers, fait dialoguer la pente avec l’horizontalité, elle épouse les courbes de niveau, et exprime la masse du matériau, via ses baies caractéristiques en trapèze notamment, soulageant ainsi ces linteaux de pierre si expressifs. C’est une architecture à la fois très ancienne et très moderne, dont personnellement, la découverte m’a beaucoup plu.

 

jour 4 – on redescend, plein soleil toujours

11.12.2015

Bien que les nuages aient été au RDV pour notre visite des ruines, on constate lors de la descente du retour que le soleil plombant n’a pas quitté le versant sud de la vallée de l’Apurimac!!!… Quoi qu’il en soit, on est beaucoup plus rapide que pour monter, et on peut même se permettre de larges pauses! On retraverse la rivière et on plante à nouveau la tente à Chiquiscca, comme à l’aller. Le hic c’est qu’entre-temps, Linus est tombé malade (à cause du soleil ou on ne sait quoi), on y va donc mollo pour amorcer le première petite partie de remontée, jusqu’au camping.

 

jour 5 – la remontée finale

12.12.2015

Dernière étape, Linus a passé une mauvaise nuit, même si les fêtards de l’aller n’étaient plus là, due à son état. On redémarre donc doucement. La montée sur ce versant est moins hard que de l’autre côté, mais le soleil ne nous lâche pas quand-même… on n’est pas tellement loin de l’équateur, il est donc très haut, presqu’au zénith; il faudra attendre assez tard pour avoir un peu d’ombre… En atteignant les hauteurs de la montagne, on aura le plaisir de croiser quelques colibris et de les photographier, tout comme deux ou trois condors, ces majestueux oiseaux gigantesques qui fascinent les habitants des montagnes andines depuis toujours, planant quelques instants tout proches de nous!

Arrivée à Cachora, le village respire la bonne humeur et le soleil, les habitants sont sympas, ouverts et communicatifs. Certaines veulent échanger quelques mots avec nous, mêmes des enfants sur le chemin. L’un d’entre-eux (un adulte, quand-même!) a même su nous sortir quelques mots en Polonais et en Français, citer des noms de joueurs de foot polonais des années ’70, etc.!!! Et au passage, il nous a indiqué comment reprendre un minibus pour arriver à Abancay, ou une bonne nuit de sommeil bien lour nous attendait!!!

 

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