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¡Nuestro viaje: seis meses y medio en America del Sur!

MAP AMSUD 2

ESPAÑA

26.10.2015

0. Madrid

PERU

27.10.2015>12.01.2016

1. Lima

2. Huaraz – Cordillera Blanca (+ Lagunas Wilcacocha, Churup, 69 y Trek de Santa Cruz)

3. La Union

4. Huánuco

5. Oxapampa

6. Huancayo

7. Ayacucho

8. Abancay (+ Trek de Choquequirao, trek de Salkantay y Machu Picchu)

9. Cusco

10. Arequipa

11. Cabanaconde (+ trek de Colca cañon)

BOLIVIA

12.01>12.02.2016

12. Copacabana + Lago Titicaca + Isla del Sol

13. La Paz

14. Cochabamba

15. Villa Tunari

16. Aiquile

17. Sucre

18. Potosi + Cerro Rico

19. Uyuni

20. Salar de Uyuni

21. Sur Lípez & Reserva Natural de Fauna Andina EduardoAvaroa – “Flamenco”

CHILE

12.02>30.03.2016

22. San Pedro de Atacama

23. Antofagasta

24. Bahia Inglesia

25. La Serena

26. Valparaiso + Viña del Mar

27. Casablanca

28. Los Andes + Parque Andino Juncal

ARGENTINA

30.03>27.04.2016

29. Mendoza y Cerro Aconcagua

30. La Rioja

31. Salta

32. San Salvador de Jujuy

33. Quebrada de Humahuaca (Maimará, Purmamarca, Salinas Grandes, Tilcara, Humahuaca)

PARAGUAY

27.04>05.05.2016

34. Asunción

35. Ciudad del Este (+ Foz do Iguaçu, Brasil, + Cataratas del Iguazú, Argentina)

BRASIL

06>11.05.2016

36.São Paulo

MAROC

12>13.05.2016

37. Casablanca

 

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Salta

Ruta desde La Rioja hasta Salta

10>11.04.2016

On reprend notre périple vers le nord, direction Salta. Une ville dont on a souvent entendu parler, que les Argentins rencontrés lors de notre voyage nous ont toujours chaudement recommandée, argumentant d’un style différent, une ambiance proche des villes péruviennes ou boliviennes, et bien meilleure marché que les grandes métropoles ou le sud du pays. Pour ne rien changer, on se met en marche au petit matin en levant le pouce. Une petite marche à pied nous aura permis de rejoindre le point de départ adéquat, directement sur la route vers le nord. Pas de bol, on est dimanche, peu de gens sur les routes, et on a 700 km à parcourir. On s’attend donc à faire ça en deux jours. Le temps est relativement nuageux, voire puvieux, espérons que cela change… on est quand-même en Argentine (bor..l), et le climat me fait un peu penser à mon pays! 😉 Ceci-dit, les paysages sont beaux, assez sauvages et planes, et nos chauffeurs nous permettent de temps en temps un arrêt pour profiter d’un beau point de vue. A mi-distance, fin de la première journée, la nuit est tombante, on s’arrête à Famaillá, dans la province de Tucumán. On est à la sortie d’une petite ville, le gars qui nous a déposé nous signale qu’il repart le lendemain dans la direction qui nous arrange, pour la ville de San Miguel de Tucumán, à une quarantaine de km au nord. On nous signale la présence de logements touristiques pas cher, type cabañas (cabanes). On a eu du mal à trouver. On a d’abord frappé à la porte d’un vieux gars croyant que c’étail là, dans le noir. Ambiance un peu spéc… mais il nous a bien informé que c’était juste à côté. Le prix (différent de ce qu’on nous avait annoncé) était trop élevé pour notre budget, mais les tenanciers ont accepté de nous laisser planter la tente dans leur propriété (un sous-bois), gratos!

Le lendemain, le temps de plier la tente bien mouillée, etc… on loupe le passage du gars de la veille. Donc on prend un peu plus de temps à redémarrer. On arrive finalement assez facilement et raisonnablement à Salta Capital après une succession de quelques chauffeurs.

Salta Capital

11>14.04.2016

Salta est la capitale de la province du même nom. Elle se situe à 1.187m d’altitude (on remonte un peu) et compte 535.000 habitants. A peine arrivé, on repère le camping minucipal où on pose la tente pour 3 nuits. Il s’agit d’un ancien centre de loisirs avec un énooorme bassin (presqu’un lac artiviciel), mais il est vide. On n’en voit que le béton, ce qui donne une athmosphère assez particulière, mais sympa. Mon oeil furtif aperçoit même de loin, dans ce camping, un mobilhome immatriculé en lettrage rouge sur fond blanc. Bingo, un véhicule belge a franchi l’Atlantique pour se promener dans les parages. Je dis juste véhicule car n’ayant pas eu l’occasion de rencontrer les gens, j’ai juste entendu parler, via d’autres campeurs, d’un couple Hollando-allemand vivant en Belgique.

Tant que je suis dans les quatre roues, voici l’occasion de vous parler des vieilles bagnoles aperçues en Argentine, depuis Mendoza déjà. Apparement, les Argentins (en froid avec les USA) sont friands de voitures européennes. On y voit un tas de Peugeot, VW, Fiat et Renault (entre-autres), alors qu’au Pérou, on ne voyait que des Toyotas, et au Chili, pas mal de véhicules US. La seule différence, est qu’en Argentine, on voit de très très vieux modèles, dans un état parfois nickel (il y a pas mal de ‘fans’ qui refont tout nickel, d’origine): en majorité, des Peugeaot 504 et des Renault 12, y compris le modèle break de mon enfance, celui que mes parents possédaient à ma naissance, la première bagnole dans laquelle j’ai posé mes fesses dès 1980! 😉 Bref, vous en verrez quelques photos tant elles ont attiré mon attention à chaque coin de rue!

Pour ce qui est de la ville en elle-même: superbe. Effectivement un petit air de Pérou et de Bolivie (on n’est pas si loin de cette dernière). Une magnifique ‘Plaza de armas’ (qui ici s’appelle Plaza 9 De Julio, car on est en Argentine, mais j’ai quand-même envie d’utiliser l’appellation péruvienne, tant on s’y croirait), de superbes églises dont certaines très (excessivement?) colorées, des bâtiments de style colonial faisant penser à Sucré ou Arequipa, et un marché à l’ambiance particulièrement andine, avec des prix, des menus et des articles de tourisme quasi-péruviens. Même les gens on la physionomie particulièrement andine. Ca nous a fait grand plaisir de retrouver cette ambiance que nous avions quittée depuis deux bons mois déjà, lorsque nous franchissions la frontière du Chili! Ah oui, et encore ces arbres au tronc ‘bulbeux’, ces ‘Palos borrachos’ découvers à La Rioja! On a fait la sympathique conaissance avec Pablo, au camping. On a bien discuté avec lui, qui voyage à travers l’Argentine et au-delà pour trouver du boulot, et on a partagé la maté à plusieurs reprises. Vu qu’on en avait acheté pas mal au marché, aussi bien pour ramener en cadeaux à nos famille que pour notre usage personnel, il nous a bien expliqué comment le servir, etc…

Le dernier jour, on a pris un peu de hauteur en gravissant le ‘mirador’, au sommet d’une des nombreuses collines alentours, dont le téléphérique (qu’on a pas pris) n’est pas sans nous rappeler nos souvenirs de La Paz! Verdict: vue superbe et lointaine… décidément, on aura retrouvé un peu de Bolivie et de Pérou à chaque endroit de cette superbe ville argentine!

 

La Rioja, una etapa hasta el norte argentino

05>10.04.2016

On quitte donc Mendoza pour rejoindre le nord-ouest de l’Argentine, dont on a entendu beaucoup de bien. Nos destinations sont les provinces de Salta et de Jujuy. La première, pour sa ville-capitale du même nom (Salta), la seconde pour ses paysages de montagnes colorées (vallée des 7 couleurs, des 14 couleurs, etc..). Marcos nous accompagne jusqu’au bus qui va nous déposer à un endroit en sortie de ville, qu’il a identifié comme ‘stratégique’ pour faire de l’autostop. En effet, on est vite pris par un premier chauffeur, prénomé Jonathan, qui nous dépose quelque-part sur l’itinéraire, avec déjà quelques bons 150km derrière nous. On s’est déjà éloigné de la cordillère, les paysages sont plats et agricoles, ou un peu désertiques par moments, et on ne voit que de ‘petites’ montagnes en fond d’horizon. Il y a deux routes principales qui mènent au nord: la 40 à l’ouest et la 10 + 38 à l’est. La 40 est peu utilisée car plus montagneuse et dangereuse, et la 38 ne se rejoint pas très facilement, via un parcours pas très direct et finalement peu fréquenté. On a d’abord cru que Jonathan nous avait lâchés sur la mauvaise route, puis on a compris qu’il n’en était rien, et que le passage vers la 38 est vraiment compliqué. Sur carte, ça parait simple, mais sur place, on se sent à 1000 lieues des grands axes…. Bref, après ce premier chauffeur, on a péniblement avancé de quelques km avec l’un ou l’autre, puis on a eu la chance de tomber sur un routier bolivien, qui nous a déposés en fin d’aprèm dans une toute petite ville, nommée Chepes. Là, soirée catastrophe: pluie, et vraiment personne sur la route. Nous n’étions même pas tout à fait sur de la route à prendre (la configuration des lieux était une peu bizarre…). Bref, voyant la nuit tomber, on s’est résignés à chercher un autre moyen de transport. Coup de bol, la ville est suffisament grande que pour avoir un terminal de bus. Il faudra cependant attendre 23h avant de pouvoir en prendre un à destination de La Rioja, la ville où notre couchsurfer Emmanuel nous attend. Vu le temps pluvieux et la faible probabilité de trouver un lieu pour planter la tente dans cette ville, on décide de prendre le bus et de confirmer notre venue pour le soir-même (la nuit…) à notre hôte. Il accepte de nous attendre jusque 2h du mat’ (on apprendra après qu’il vit très tard, donc in fine: no problemo!). On poireaute donc quelques heures dans une pompe à essence (où on a décidé d’acheter une carte d’Argentine! 😉 ) avant de prendre ce premier bus (de voyage) depuis la Bolivie, après plusieurs semaines en autostop continu au Chili et en Argentine.

Emmanuel nous reçoit donc chez lui aux petites heures, avec Martin, un autre couchsurfer qu’il reçevait en même-temps, qui lui, voyageait (et voyage toujours au moment où j’écris ces lignes) en vélo! On a passé de bons moments avec ces deux Argentins super sympas, on en a profité pour prendre du repos et aller à l’hôpital pour assurer le suivi du doigt cassé d’Agata. On a d’abord tenté, sur conseil d’Emmanuel, la filière d’hôpitaux publics, gratuits, où Agata a tout de suite pu faire une radio. Mais l’atmosphère vieillote et un peu je m’en-foutiste lui a rappelé les mauvais côtés des hôpitaux publics polonais. Si on ajoute à ça les chiens dans les couloirs…. on a vite filé vers une clinique privée pour la consulation et le diagnostic le lendemain!

La Rioja est une petite ville de près de 150.000 habitants. Pas très attractive ni courue à priori. Emmanuel se demandait un peu ce qu’on faisait là, comme si on n’avait rien trouvé de mieux à faire… On avait vu, avant de choisir cet endroit pour escale, des sites naturels assez intéressants, mais une fois sur place, on a appris que sans voiture, il n’y a aucun moyen pour y accéder, et qu’ils sont très éloignés de la ville. En Argentine, les provinces ont souvent les noms de leurs villes capitales. Mais les Argentins utilisent ce nom surtour pour désigner la province, et précisent -capitale quand il s’agit de la ville (La Rioja capitale dans ce cas-ci). Bref, pas mal de confusions sont possibles du coup… car on ne savait pas avant cela! 😉 Ces sites naturels à La Rioja, étaient en fait à près de 100km de La Rioja-Capitale, qu’on avait si péniblement rejointe…

Sinon notre petite balade en ville nous a quand-même permis d’assister à un défilé de police assez sympa, on a passé du temps dans un chouette parc avec Martin et Emmanuel, où on a eu beaucoup de mal à se détacher d’un sympathique et jeune chien qui nous suivait! (On lui a surtout empêché de se faire écraser par des bagnoles, dans le noir sur la grand-route, à ce jeune inconscient!). On a découvert ces arbres tout bizarres, avec un tronc formant une sorte de ‘panse’, les ‘Palos borrachos’. Et puis Emmanuel nous a fait découvrir ses délicieuses empanadas maison! Je ne parle pas beaucoup nourriture dans ce blog, mais il faut savoir que l’empanada est une spécialité d’Amérique du Sud, que l’on a retrouvé dans tous les pays visités. Au Pérou, c’est loin d’être le top, mais au plus on descend, au plus les saveurs sont riches! Donc c’est au Chili et en Argentine que l’on a dégusté les meilleures. Il s’agit de ppéparations passées à la friture, à base d’une pâte fourrée de diverses mets (viande, poulet, fruits de mer, etc…). Muy rico!

Potosi, al pie de “la montaña que come hombres”…

04>08.02.2016

Je terminais donc mon précédent sujet sur le ton de l’impatience…. qui se vit rapidement “prolongée” au même rythme que notre inamovible “bloqueo routier”…. Nous avions eu des infos comme quoi les manifestants libéraient toutes les routes de Bolivie, à l’aube des très populaires fêtes de carnaval qui se tiennent dans tout le pays, et en particulier dans la ville d’Oruro, dont les cortèges et défilés rassemblent des foules massives venues de tout le pays. Et bien, il n’en fut rien, ou peu. Bien que pas mal de routes furent effectivement rendues à la circulation, la pression du Carnaval ne fut pas assez forte que pour celle qui nous concernait soient circulables: Sucre-Potosi, ainsi que Sucre-Oruro (entre-autres), sont restées sous l’emprise peu conciliante des manifestants-bloqueurs… Bref, il fallait encore faire avec, et comme nous étions enfin décidés à bouger, surmontés de nos “mochilas” (sac à dos), déjà au terminal de bus lorsque l’on apprit la nouvelle…. nous avons continué sur notre lancée en faisant avec les moyens du bord: au moins cher bien sûr, pour éviter les abus ô combien mercantiles des profiteurs qui raffolent de ce genre de situation pour multiplier leurs prix de manière honteusement démesurée face au désarroi de (pauvres) gens pris entre le marteau et l’enclume, otages de “manifestants immobiles” qui se dorent la pilule au soleil ou à l’ombre de leur camion (sauvagement) stationné… Donc on a pris le taxi le plus cheap (une vieille Toyot’, pour ne pas changer, avec une direction bricolée pour transformer une conduite à droite “à l’Anglaise” en conduite à gauche version “minimale”… le tableau de bord – non fonctionnel – et tout ce qui va avec étant restés… à droite…. ce qui est assez encombrant si on a ma taille et qu’on veut glisser son sac entre ses jambes…). Ce taxi, qui prenait au passage d’autres personnes (donc ce n’est pas tout à fait un taxi, mais un système plus économique), nous dépose donc au blocage routier, que l’on traverse à pied, pour reprendre un bus par la suite, vers Potosi. Une bonne heure sous le soleil, sac au dos, entre les camions (un petit air de déjà vu… hum hum…). On recroise des camions belges, du fin fond des Flandres, pour ne pas changer, dont un avec encore une de “nos” si chères plaques à caractères rouges sur fond blanc, “ oubliée” sur le pare-choc avant! Pas de bol, à l’approche de Potosi, après quelques heures de route, le bus qu’on a pris après le blocage se voit contraint de s’arrêter face à un…. blocage! Ben oui, si on bloque une sortie/entrée de ville…. y’a pas de raison de ne pas faire la même chose à l’autre bout de la route, à l’entrée/sortie de la ville suivante…. Rebelote, on traverse à pied (mais beaucoup plus court cette fois), et on prend un ultime (et court) bus qui nous dépose finalement à Potosi!

 

On a donc enfin l’occasion de découvrir cette ville, cette “Ciudad imperial”, qui s’érigea sous la domination coloniale de la couronne espagnole. Du haut de ses 4.070 m d’altitude, cette ville de 165.000 habitants est une des plus hautes du monde. Elle eut ses heures de gloire ainsi qu’une importance économique considérable grace à ses ressources naturelles. La montagne qui la domine, culminant à 4.824m, contient les plus importants gisements de minerai d’argent au monde, ainsi que des gisements d’étain, de plomb et de zinc. D’où son nom, “Cerro Rico”, qui signifie “la colline riche”. Tout comme Sucre, Potosi s’est construite sur base de cette richesse (qui par ailleurs influenca l’économie européenne via l’Espagne qui récupérait l’ensemble des royalties). On y trouve donc nombre d’édifices remarquables, qui forment, montagne du Cerro Rico incluse, un ensemble classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Malheureusement, celui-ci est aujourd’hui menacé, la montagne étant en état d’instabilité (et d’effondrement partiel), compte-tenu des nombreuses galeries de mines qui la percent de part en part tel un gigantesque gruyère!

Potosi nous est apparue très tranquille, très agréable, très sympathique, avec beaucoup de caractère, ce Cerro Rico dominant continuellement en arrière-plan, avec ses jolies couleurs rouge-brun. Un véritable coup de coeur pour la partie bolivienne de notre voyage! On ne sentait pas du tout ces rudes difficultés sociales, souvent porteuses de mouvement de tensions, liés au manque de travail et au peu de possibilités dans la région… Seules les mines en déclin font tourner l’économie locale, et le gouvernement ne fait rien pour amorcer quelque-chose de nouveau….

 

Je ne peux décidément pas  m’en empêcher… encore des photos de “Mercados” (2 différents ici), bien colorés et bien sympas. Rassurez-vous: si je mets encore beaucoup de photos, j’arrive grosso-modo à diminuer le commentaire (mais juste pour les sujets “mercados” hein)! 😉

 

Minas del Cerro Rico

06.02.2016

On a fait une visite guidée des mines du Cerro Rico (par des Ex-mineros). On a appris pas mal de choses sur les conditions et méthodes de travail, sur l’esprit du lieu, etc. On a vu des galeries, des travailleurs, le processus de séparation des minerais, on a senti le souffle de l’explosif, on a vu les enfants du Cerro Rico, à l’affût des touristes pour leur vendre quelques cailloux….

Il y a un côté un peu mystique dans cette montagne, de par sa stature imposante et son statut de “pourvoyeur de fonds” vis-à-vis de la ville de Potosi. Les mineurs ont d’ailleurs leur Dieu (des mineurs) du Cerro Rico: “El Tio” (l’oncle), tant le travail y est rude et dangereux. Il lui font de régulières offrandes et s’adressent à lui de manière rituelle afin d’invoquer sa protection et sa bienveillance, et qu’il fasse en sorte que le travail soit fructueux. On raconte que depuis le début de l’exploitation des minerais d’argent, étain, cuivre et zinc, 8 millions de mineurs seraient morts dans les galeries minières de cette seule montagne. Et pas seulement sous les conditions esclavagistes des colons espagnols… il y a toujours plusieurs victimes chaque semaine actuellement, tant le travail s’effectue de manière peu sécurisée et anarchique. Cela a d’ailleurs a valu un second surnom à la montagne: “la montaña que come hombres” (la montagne qui mange les hommes…). Effondrements, étouffements, silicose, inhalations chimiques, manipulaton d’explosifs, etc…. les causes de mortalité sont nombreuses et réduisent considérablement l’espérance de vie des mineurs, qui continuent à y travailler par milliers chaque jour. La montagne est percée de part en part par des centaines de galeries de mines, au point qu’elle risque de s’effondrer. Les dernier(e)s (centaines de) mètres vers le sommet sont interdites d’exploitaton, vu que celui-ci (le sommet) s’est en partie affaissé il y a plusieurs années. Cependant, les mineurs continuent à creuser, parfois toujours vers le sommet, motivés par la quête de cette légendaire veine chargée d’argent qui se trouverait quelque-part dans la montagne, à défaut de jouir d’autres perspectives professionnelles qui les mèneraient vers un travail plus acceptable, et plus sécurisant pour eux et leurs familles. Potosi est étroitement et éternellement liée au Cerro Rico, et aujourd’hui, le déclin de l’un entraine inévitablement le déclin de l’autre…. L’avenir est restreint; les mines du Cerro Rico, seule activité économique qui fait aujourd’hui exister Potosi, continuent à tourner, mais leur vrai potentiel est déjà derrière elles, et seuls les vains espoirs nostalgiques d’un retour impossible à une grandeur appartenant désormais (et depuis longtemps) au passé, nourrissent la volonté des mineurs de se laisser chaque matin engloutir par les sombres galeries “intestines” de la “Montagne qui mange les hommes”….

Ascensión del Cerro Rico

07.02.2016

Le lendemain, on est monté jusqu’au sommet. Quelques 700m de dénivelé, avec le soleil, les pierres rouges, et une vue sur la ville de plus en plus impressionnante au fur et à mesure de l’ascension. Tout au long, on a croisé des entrées de mines, des baraquements d’exploitations, avec des habitations… gardées par des chiens qui, parfois, nous signifiaient quie l’on était pas tout à fait les bienvenus sur leur territoire. Si Agata parvenait à garder son sang froid, ce ne fut pas mon cas. Moins à l’aise qu’elle avec le meilleur ami de l’homme, d’autant plus lorsqu’il fonce sur nous en meute en aboyant de toute part. Dans ce cas, mes meilleurs amis sont plutôt la fuite rapide et le contournement (très anticipatif) d’obstacle! 😉

Une fois en haut, spectacle époustouflant au rendez-vous: vues plongeantes vertigineuses sur Potosi, dignes de celles des hauteurs de la Paz, mais également sur les alentours, semi désertiques, ainsi que sur les installations minières, qui pourraient avoir un esprit un peu “lunaire” compte-tenu le cocktail installations techniques/flanc de montagne nu exploité. On a vu des tas de gravillons et des coulées de béton (allégé) au sommet. C’est après être redescendus qu’on a lu qu’il s’agissait de dispositifs de renforcement du sommet qui s’est affaissé il y quelques années. On était donc, aussi bien lors de la visite des mines que lors de la montée, un peu comme les mineurs locaux: c’est-à-dire relativement inconscients (ou non-conscisnts) du danger!

Il s’agit (probablement), du point le plus haut que nous avons atteint jusqu’à présent, Agata et moi (et c’est un sommet!); non seulement durant ce voyage, mais aussi dans l’absolu! Une incertitude demeure cependant sur l’altitude exacte: les infos trouvées sur internet renseignent deux altitudes différentes: 4.825m, et 4.782m. 43 bons mètres de différence donc, qui pourraient éventuellement s’expliquer par l’affaissement du sommet (mais ça me semble quand-même beaucoup!). Alors, dans le doute, on va s’en tenir à l’altitude renseignée là-haut, peinte sur un bout de muret et devant laquelle on a posé pour faire les malins: 4.825m, comme ça, on pourra dire qu’on a dépassé les 4.807m du Mont Blanc! 😉

 

On était à Potosi durant les fêtes de Carnaval, le vrai week-end où ont normalement lieu les moments forts! Et bien, ce fut assez calme, on comprend donc bien que tout se passe à Oruro, et que les autres lieux, autres villes, sont plus “accessoires”. Ceci dit, de ce qu’on a vu, l’ambiance était plutôt sympa et bon-enfant. Les ballons d’eau et autres fusils à pompe (à eau!) étaient au rendez-vous, comme a Sucre, mais dans une atmosphère plus sympa, plus familiale. On a même pris du plaisir à se faire asperger d’eau et de mousse par les (parfois très petits) enfants, qui raffolent forcément de s’attaquer (gentilment) à un couple de “Gringos”, d’autant plus lorsqu’ils peuvent les surprendre alors qu’ils sirotent un glace à l’eau sur un banc public au soleil de la place principale!

Sucre, una (otra) Ciudad Blanca (la de Bolivia)!

31.01>04.02.2016

Capital constitucional de Bolivia

Nous voilà donc pour quelques jours à Sucre, la “seconde” capitale de Bolivie, appelée la “Capital constitucional de Bolivia”, ou encore la “Ciudad Blanca” (la Ville Blanche). Sucre si situe à une altitude de 2.780m, et compte une peu plus de 250.000 habitants.

Alors, pour la première appellation, il faut savoir que durant la période coloniale espagnole, Sucre disposait déjà d’un statut important, comme Chef-lieu d’un territoire couvrant une partie des actuels Bolivie, Pérou, Chili, Argentine et Paraguay. La région disposait de pas mal de ressources et de richesses en raison, notamment, de l’existence d’importantes mines de minerais, dont en grande partie, du minerai d’argent, dans la proche ville de Potosi. Par la suite, lors de l’indépendance de la Bolivie, elle en devient la capitale. C’est à ce moment qu’elle prend le nom de Sucre, en l’honneur du maréchal Antonio José de Sucre, camarade d’armes du libérateur Simón Bolívar. Ce dernier, victorieux à Ayacucho pour l’indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou et du Venezuela (vous vous rappelez, le champs de bataille que l’on a visité à Ayacucho: voir sujet Ayacucho), à quant à lui donné son nom à la Bolivie. Par la suite, en raison, notamment, du déclin économique de Potosi, c’est La Paz qui a pris le dessus et le siège du gouvernment y a été transféré. Sucre n’est donc plus que la capitale constitutionnelle de la Bolivie, et abrite le siège de la Cour Suprême.

Sa seconde appellation, “Ciudad Blanca”, nous rappelle forcément Aréquipa, au Pérou, qui a le même surnom! Sucre comprend nombre d’édifices de style, tous de ton blanc (mais dans ce cas-ci, c’est de le peinture/enduit, et non la couleur de la pierre). Ceci témoigne non-seulement de sa richesse et sa grandeur passée, mais lui confère aussi un style et une âme qui l’ont élevée au rang de ville inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

Alors les photos valent mieux qu’un long discours… même si la grisaille fut souvent au rendez-vous, et que Sucre nous a moins marqués qu’Arequipa, on a eu de quoi lever les yeux et admirer de beaux ensembles et de belles façades presqu’à chaque coin de rue. Petits détails amusants: on a retrouvé quelques éléments présentant un petit air de “déjà vu” dans nos contrées européennes… une sorte de mini-tour Eifel au milieu du parc principal, un blason orné de l’aigle à deux têtes (type Slave, que l’on retrouvera d’ailleurs plus tard à Potosi) coiffant le sommet d’une colonne monumentale….

 

Encore une fois, j’ai particulièrement apprécié le “Mercado Central”, à l’architecture originale.

 

On a également visité le cimetière, de style moins “exhubérant” que celui de Cochabamba, mais qui constitue un “parc” de style, bien dessiné et bien équilibré.

 

On est encore monté sur un “mirador” urbain, mais pour une fois, bien que l’endroit soit très agréable, il n’est pas très haut et n’offre que quelques maigres point de vues sur la ville… alors que l’on avait l’habitude, quasi partout ailleurs, de dominer villes, quartier et édifices de manière plutôt époustouflante!

Sucre, ce fut aussi la ville de nos emm…es…. Le “bloqueo”, ou blocage routier qui nous avait posé quelques soucis pour arriver en ville ne s’est pas rapidement solutionné, et nous a forcé à rester deux jours de plus que prévu… dans l’attente, on aura pu apercevoir quelques cortèges (assez désordonnés) de Carnaval, et constater qu’à cette occasion (le Carnaval), les gens (et les jeunes en particulier), s’amusent à se lancer des ballons d’eaux et à s’asperger…. bien entendu, on a également fait un peu les frais de cette “coutume locale”. 😉

Autre couac survenu dans la Ciudad Blanca: disparition de quelques billets verts à l’intérieur même de notre chambre d’hostal, pourtant fermée à clé! Bref, on a beau prendre un max de précaution, on n’élimine pas totalement les risques…. Nous étions quand-même impatients de rejoindre Potosi!

 

Vers Sucre, via Aiquile

30>31.01.2016

Pour aller à Sucre, la Seconde capitale de Bolivie (plus officiellement, la Capitale Constitutionnelle) depuis Villa Tunari, nous avions deux possibilités de transport. La première, que nous pressentions à la base, étant de repartir à Cochabamba en bus, et de là, reprendre un bus de nuit vers Sucre. Total: 6h + 11h de bus, + la transition pour le changement. Dans le petit terminal de Villa Tunari, on nous a proposé de passer par Aiquile: 7h en minibus, puis 3 heures de bus jusqu Sucre, à prix équivelent. On a pris la seconde option, plus courte en heures de bus, évitant le trajet de niuit, plus confortable, et nous permettant de voir un peu d’autres coins et paysages. On ne sait juste pas quand on pourra avoir la correspondance, donc on s’attend à dormir à Aiquile.

Pour une (rare) fois, on a le luxe de se retrouver dans un minibus de 9 places, et de n’être que 6! Confort absolu donc, d’autant que le chauffeur est sympa et conduit très bien! On voit une dernière fois les échoppes de bord de route abondamment chargées en bananes… on quitte peu à peu la Selva vers d’autres paysages, que l’on a tout le loisir d’admirer chacun par notre propre fenêtre! Certains nous inspirent l’Afrique: collines de terre rougeâtre clairsemées d’arbres “tortueux” petits formats…

Aiquile est une toute petite ville de 7.4oo habitants, située à 2.258m d’altitude. On l’apprendra plus tard, mais elle a la réputation de fabriquer les meilleurs charangos du pays. Il s’agit d’un instrument national, de type guitare mini-format, que l’on retrouve d’ailleurs en sculpture monumentale sur la Plaza de Armas, en plein centre ville. Aiquile nous fait une très bonne impression, que l’on a pas beaucoup eu l’occasion de ressentir en Bolivie: ville à la fois propre, accueillante, tranquille et souriante. Vu qu’on devra finalement attendre le lendemain pour prendre le second bus pour Sucre, on trouve (et c’est une première également en Bolivie) un hostal du même accabi: propre, accueillant, bon marché et bien tenu, dont les patrons sont hyper-sympas et professionnels!

Le soir, on tombe sur les groupes de carnaval qui répètent danse & musique en pleine rue, avant de se rendre, la semaine suivante, au grand Carnaval d’Oruro. Petite foule de quartier, musique vivante, ambiance agréable… ce soir les comités vont élire (dans un autre lieu) la danseuse qui sera la “chef de file” pour la ville d’Aiquile à Oruro pour cette année.

Le lendemain, après un petit tour au marché, on se rend en bus à Sucre. Encore une fois, de magnifiques paysages sont au rendez-vous, certains étant un peu similaire à ceux de la veille. Par contre, grosse surprise, à laquelle il fallait s’attendre en Bolivie (on l’avait lu sur des blogs et des sites gouvernementaux sur les particularités des pays visités): blocage routier sauvage, au milieu de nulle part. Le bus n’ira pas plus loin, il n’y a pas de route alternative, nous voilà contraints de prendre nos sacs sur le dos et de continuer à pied pour traverser le barrage. Il y a, semble-t-il, possibilité de retrouver du transport de l’autre côté du barrage pour rallier Sucre. On longe donc, pendant une bonne heure et demie, cette route en travers de laquelle se succèdent des centaines de camions sur plusieurs kilomètres. Quand les Boliviens provoquent des blocages, ils ne font pas les choses à moitié. Certains camions, en provenance d’Europe, circulent toujours avec des plaques d’immatriculations européennes, à priori non reconnues ici (quand ils sne circulent pas sans plaques du tout!). Ils n’ont donc probablement pas pris la peine d’enlever les anciennes plaques au moment du rachat des véhicules. On tombe donc sur pas mal de plaques françaises, hollandaises, … et même une polonaise! Pas de plaques belges, mais tout de mêmes quelques cabines a l’effigie d’entreprises venues de quelque-part du fin fond des Flandres. Assez amusant et de quoi combler notre curiosité durant cette marche inattendue. Une fois le barrage dépassé, on fait la connaissance de deux jeunes filles qui nous aident à prendre un transport/taxi avec elles sans qu’on se fasse arnaquer sur le prix. Au passage, elles nous expliquent grosso-modo le pourquoi du blocage routier, dont elles ont participé à la mise en oeuvre: le gouvernement prévoit une augmentation des taxes pour les transporteurs… ce qui ne leur plaît guère! Du coup, blocage des routes principales (on apprendra plus tard que c’est dans tout le pays), jusqu’à obtention de gain de cause, ou d’un accord…. A l’approche des grandes fêtes de Carnaval un peu partout, et notamment celle d’Oruro qui mobilise et concentre plein de monde de tout le pays, ça promet! On se retrouve donc à 6 à l’arrière d’un pick-up qui transporte déjà 5 personnes dans sa cabine. Pluie, vent, jambes inconfortablement recroquevillées entre nos sacs à dos, et fesses trempant dans des flaques du fond du bac du pick-up…la dernière demie-heure de trajet pour arriver à Sucre restera sans aucun doute dans nos mémoires pour encore pas mal de temps…