Entrada a Asunción, aka la ‘Muy Noble y Leal Ciudad de Nuestra Señora Santa María de la Asunción’

27.04>01.05.2016

Premiers pas au Paraguay – littéralement à pied donc – pour passer la frontière, d’où on compte prendre le bus pour se rendre au centre d’Asunción, qui est vraiment tout près (à priori). N’ayant pas trouvé de couchsurfing, on cherchera un hostal dans les environs du terminal de bus. L’ambiance nous apparaît tout de suite très tranquille, dès le premier contact avec le gars du modeste office du tourisme du poste frontière. Il nous fournit 2-3 maigres prospectus (tout ce qu’il a à dispo), et nous indique où prendre le bus. Une fois installés, on constate que les gens, consomment le maté tout comme en Argentine (voire plus?), et se baladent avec tout un attirail, aussi coloré (kitsch?) que volumineux: thermos portés en bandoulière, recouverts de (simili-)cuir, décorés à l’effigie de tout et n’importe quoi, jusqu’à l’équipe de foot locale. En sus, les récipients à maté tout à fait accordés, de séries identiques, accrochables au thermos. Les gens ont l’air à l’aise, le chauffeur de bus consomme le maté avec des passagers tout en conduisant. Finalement, Asunción semble plus loin qu’escompté, car le trajet dure plus d’une bonne demie-heure. Alors que l’on aperçoit la ville depuis un moment, on a le sentiment de la contourner pendant tout le parcours… En fait, on se rend compte qu’on longe depuis un moment une rivière (le Rio Paraguay), qui de par son importante largeur, n’est traversée que par un seul pont, largement en amont (bien au nord donc), ce qui démultiplie les distances de liaison.

Asunción est une ville de près de 550.000 habitants, située à 43m d’altitude, le long du Rio Paraguay. Elle est la capitale du Paraguay, mais aussi la principale ville de la plus grande agglomération du pays (Gran Asunción), de plus de 2 millions d’habitants. Les Paraguayens font vraiment une différence franche entre les limites administratives. Dès qu’on franchit les frontières d’Asunción, on est dans une autre ville, même si dans notre logique à nous, on aurait tendance à considérer que tant qu’on est dans l’agglomération, on est à Asunción! C’est assez surprenant d’entendre le locaux nous dire, a certains moments, que nous devons aller jusqu’à Asunción pour telle ou telle chose, alors qu’on a l’impression d’y être… mais dans leur esprit, c’est quelques centaines de mètres plus loin, donc ce n’est pas Asunción… Un peu comme à Charleroi: directement derrière la gare, c’est plus Charleroi (centre), c’est Marcinelle… à part qu’on est quand-même à Charleroi (la gars qui habite à Marcinelle va dire: ‘Je viens de Charleroi’). A Asunción, nada: t’habites à 20m de la limite: t’es pas d’Asunción! Faut s’y habituer, un peu bizarre au début. Cette ville est donc une des plus anciennes villes coloniales de la région, fondée un 15 août, d’où sa dénomination de l’époque ‘Nuestra Señora de la Asunción’, devenue plus pompeusement aujourd’hui ‘Muy Noble y Leal Ciudad de Nuestra Señora Santa María de la Asunción’ – autrement dit: Asunción…. Elle fut fondée dans une logique d’exploration des colons espagnols, en vue de relier les mines d’argent du Haut-Pérou de l’époque (actuelle Bolivie: mines de Potosi donc), à la côté est du continent. Son rôle fut donc important depuis sa fondation (mais moins aujourd’hui), stratégiquement située le long du Rio Paraguay (qui donna son nom au pays). Ce dernier aboutissant à l’Atlantique au niveau du port de Buenos Aires, sous la forme du Rio de la Plata (la rivière d’argent) après avoir rejoint les Rios Parana et Uruguay.

On trouve finalement, après quelques recherches, un petit hostal pas aussi bon marché que ce à quoi on s’attendait (le plus cher de notre voyage), mais cependant idéalement situé face au terminal de bus, et pas si loin que ça du centre via le bus.

Que dire de la découverte de cette ville et de ce pays, dont on ne s’attendait à rien, suivant nos instincts de voyageurs au moment du choix de s’y rendre? On n’en savait rien, mais on verrait bien!
Et bien, ce qui nous a frappé avant tout, c’est le calme, la tranquillité, ce côté ‘zen’ que nous avions découvert au Portugal 4 ans auparavant. Des gens cool, sympas, une société multiculturelle très mélangée (un peu comme ce qu’on s’attend à voir au Brésil), un accent de langue castillane très chantant, qui fait penser au portugais du Brésil – ah ça, y’a pas à dire, on en est de moins en moins loin! La culture indigène y est fort soutenue et reconnue: la monnaie porte le nom du peuple et de sa langue: le Guarani. Il s’agit des peuplades autochtones, qui sont originaires de la ‘selva’ (forêt). Ils sont donc représentés dans les autres pays également, dans les parties forestières (Brésil, Bolivie, etc…). C’est donc la 3ème peuplade dont on entend parler lors de notre voyage, après les Quechuas et Les Aymaras, au Pérou et en Bolivie, parlant également des langues homonymes, mais issus des zones montagneuses, descendants de la civilisation Inca. On découvre également un chouette marché, tel une fourmilière, de gros contrastes, entre des quartiers plus aisés, avec de gros bâtiments, et d’autres beaucoup plus modestes, tel ce quartier de cabanes type ‘quasi-bidonville’, à deux pas de bâtiments d’Etat de première importance (cour de justice, palais présidentiel et hôtel de ville)! Des contrastes donc, mais avec pas mal de douceur quand-même, tout comme les très tranquilles rives du Rio Paraguay, qui respirent la quiétude. On a testé un ‘asado’ (barbecue), chose à laquelle on avait échappé en Argentine. Tous les petits snacks locaux proches de l’hostal ne servant presque que ça, on s’est dit que ça devait être une ‘institution’ aussi répandue que chez leurs voisins du sud! Assez impressionnant d’avoir un morceau de vache comme ça dans son assiette, avec les (énooormes) côtes et tout! Pas mauvais, mais un peu déstabilisant tout de même, la nécessité de trier/décortiquer ne nous ayant pas particulièrement convaincus. On y a aussi vu des couleurs, que ce soient de l’artisanat local (hamacs et autres textiles: sacs, etc…), ou pas mal de fresques urbaines (mais beaucoup moins qu’à Valpo quand-même). Et puis, cette petite anecdote pour ce Belge que je suis: des plaques d’immatriculation en caractères ROUGES SUR FOND BLANC: 3 LETTRES, 3 CHIFFRES! Alors, lorsque le drapeau et l’inscription ‘Paraguay’, sur le haut de la plaque, se trouvait cachée dans l’ombre du relief des carrosseries, j’ai eu à plusieurs reprises cette impression de voir des ‘flashs’ de grande familiarité, assez inédits, moi qui n’avais jamais imaginé trouver là des éléments de vie quotidienne si proches de ceux dont nous louons la singularité (mais en définitive, pas l’exclusivité…) chez nous en Belgique! 😉

 

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