Vers Sucre, via Aiquile

30>31.01.2016

Pour aller à Sucre, la Seconde capitale de Bolivie (plus officiellement, la Capitale Constitutionnelle) depuis Villa Tunari, nous avions deux possibilités de transport. La première, que nous pressentions à la base, étant de repartir à Cochabamba en bus, et de là, reprendre un bus de nuit vers Sucre. Total: 6h + 11h de bus, + la transition pour le changement. Dans le petit terminal de Villa Tunari, on nous a proposé de passer par Aiquile: 7h en minibus, puis 3 heures de bus jusqu Sucre, à prix équivelent. On a pris la seconde option, plus courte en heures de bus, évitant le trajet de niuit, plus confortable, et nous permettant de voir un peu d’autres coins et paysages. On ne sait juste pas quand on pourra avoir la correspondance, donc on s’attend à dormir à Aiquile.

Pour une (rare) fois, on a le luxe de se retrouver dans un minibus de 9 places, et de n’être que 6! Confort absolu donc, d’autant que le chauffeur est sympa et conduit très bien! On voit une dernière fois les échoppes de bord de route abondamment chargées en bananes… on quitte peu à peu la Selva vers d’autres paysages, que l’on a tout le loisir d’admirer chacun par notre propre fenêtre! Certains nous inspirent l’Afrique: collines de terre rougeâtre clairsemées d’arbres “tortueux” petits formats…

Aiquile est une toute petite ville de 7.4oo habitants, située à 2.258m d’altitude. On l’apprendra plus tard, mais elle a la réputation de fabriquer les meilleurs charangos du pays. Il s’agit d’un instrument national, de type guitare mini-format, que l’on retrouve d’ailleurs en sculpture monumentale sur la Plaza de Armas, en plein centre ville. Aiquile nous fait une très bonne impression, que l’on a pas beaucoup eu l’occasion de ressentir en Bolivie: ville à la fois propre, accueillante, tranquille et souriante. Vu qu’on devra finalement attendre le lendemain pour prendre le second bus pour Sucre, on trouve (et c’est une première également en Bolivie) un hostal du même accabi: propre, accueillant, bon marché et bien tenu, dont les patrons sont hyper-sympas et professionnels!

Le soir, on tombe sur les groupes de carnaval qui répètent danse & musique en pleine rue, avant de se rendre, la semaine suivante, au grand Carnaval d’Oruro. Petite foule de quartier, musique vivante, ambiance agréable… ce soir les comités vont élire (dans un autre lieu) la danseuse qui sera la “chef de file” pour la ville d’Aiquile à Oruro pour cette année.

Le lendemain, après un petit tour au marché, on se rend en bus à Sucre. Encore une fois, de magnifiques paysages sont au rendez-vous, certains étant un peu similaire à ceux de la veille. Par contre, grosse surprise, à laquelle il fallait s’attendre en Bolivie (on l’avait lu sur des blogs et des sites gouvernementaux sur les particularités des pays visités): blocage routier sauvage, au milieu de nulle part. Le bus n’ira pas plus loin, il n’y a pas de route alternative, nous voilà contraints de prendre nos sacs sur le dos et de continuer à pied pour traverser le barrage. Il y a, semble-t-il, possibilité de retrouver du transport de l’autre côté du barrage pour rallier Sucre. On longe donc, pendant une bonne heure et demie, cette route en travers de laquelle se succèdent des centaines de camions sur plusieurs kilomètres. Quand les Boliviens provoquent des blocages, ils ne font pas les choses à moitié. Certains camions, en provenance d’Europe, circulent toujours avec des plaques d’immatriculations européennes, à priori non reconnues ici (quand ils sne circulent pas sans plaques du tout!). Ils n’ont donc probablement pas pris la peine d’enlever les anciennes plaques au moment du rachat des véhicules. On tombe donc sur pas mal de plaques françaises, hollandaises, … et même une polonaise! Pas de plaques belges, mais tout de mêmes quelques cabines a l’effigie d’entreprises venues de quelque-part du fin fond des Flandres. Assez amusant et de quoi combler notre curiosité durant cette marche inattendue. Une fois le barrage dépassé, on fait la connaissance de deux jeunes filles qui nous aident à prendre un transport/taxi avec elles sans qu’on se fasse arnaquer sur le prix. Au passage, elles nous expliquent grosso-modo le pourquoi du blocage routier, dont elles ont participé à la mise en oeuvre: le gouvernement prévoit une augmentation des taxes pour les transporteurs… ce qui ne leur plaît guère! Du coup, blocage des routes principales (on apprendra plus tard que c’est dans tout le pays), jusqu’à obtention de gain de cause, ou d’un accord…. A l’approche des grandes fêtes de Carnaval un peu partout, et notamment celle d’Oruro qui mobilise et concentre plein de monde de tout le pays, ça promet! On se retrouve donc à 6 à l’arrière d’un pick-up qui transporte déjà 5 personnes dans sa cabine. Pluie, vent, jambes inconfortablement recroquevillées entre nos sacs à dos, et fesses trempant dans des flaques du fond du bac du pick-up…la dernière demie-heure de trajet pour arriver à Sucre restera sans aucun doute dans nos mémoires pour encore pas mal de temps…

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