Colca cañon

04>08/01/2016

On a traversé la “pampa” de l’Altiplano (haut plateau andin du sud-Pérou) en bus, contournant les volcans Misti et Chachani… et on a eu droit à de magnifiques paysages, à la fois très neutres et très secs! La route passait en partie par une réserve naturelle, et on a (enfin!) eu l’occasion de voir des troupeaux de lamas en liberté, paissant tranquillement dans la nature! Enfin, quand on dit lamas, on généralise plusieurs espèces que l’on ne maîtrise pas bien… on connaît un peu les alpacas, renommés pour leur laine qui sert à confectionner presque la totalité de l’artisanat textile destiné au touristes… mais on en a vu d’autres avec des silhouettes inconnues, à mi-chemin entre le lama et l’antilope ou la biche… bref, on a été quelque-peu déstabilité par cette variété de quadrupèdes à longs cous qui broutaient peinard à quelques mètres de nous! Par après, on est tombé sur une affiche inventoriant les espèces de la famille des lamas: on y a donc vu plus clair! Ensuite, après ces plaines avec arrière-plans montagneux, la vallée du Rio Colca, qui se transforme en canyon (on trouve cependant le terme un peu usurpé) au fur et à mesure que l’on s’approche de la petite ville (ou gros village) de Cabanaconde.

On a fait un peu le tour de la localité, on est monté sur une petite colline “mirador” pour l’admirer avec un peu de hauteur. On a également plongé nos regards dans la vallée, le “Cañon”, depuis un point de vue, un autre mirador, au détour d’une église à l’architecture contemporaine singulière, étonnament isolée à l’extérieur du village… De là, on a pu voir l’Oasis de Sangalle, cette “lentille” verte située tout au plus profond de cette vallée enserrée entre ces versants vierges de toute végétation. Le lendemain, on passera par là, lors d’une première étape d’un trek de 4 jours (et oui, encore!).

Jour 1: Oasis de Sangalle et Pueblo de Tapay

06/01/2016

On démarre donc dès le petit matin de Cabanaconde, 3.287m d’altitude, cap sur l’oasis de Sangalle, 2.150m. On aura donc une grosse demie-journée de descente sur plus de 1.000m de dénivelé. Avant ça, sur la Plaza des Armas, on croise, encore une fois par hasard, Mathilde, l’étudiante française/réunionnaise qui nous avait accueillis en “couchsurfing” à Lima, qui venait de revenir d’une randonnée dans le canyon! Rebelote, quelques minutes plus tard, on tombe sur un couple de Suisses qui campait à côté de nous quand on était à Huaraz! Ils s’apprêtent à descenre dans le canyon, avec une première journé de marche identique à la nôtre! Ce fut assez courant, durant ces deux et quelques mois au Pérou, de croiser et re-croiser les mêmes voyageurs, qui finalement font un peu tous le tour des lieux attractifs, qui, bien que nombreux dans le pays, canalisent un peu les parcours touristiques de tout un chacun….

Une fois à l’Oasis, qui contraste fortement avec le reste du paysage par sa verdure foisonnante et ses équipements touristiques (restos, piscines, maisonnettes pour hébergement, etc… ), on constate que le lieu est désert, car on est hors des heures de grande affluence (on est juste avant midi, alors que la majorité des touristes, qui font généralement des parcours courts, passent le nuit sur place et sont donc présents soir et matin). On en profite donc pour faire un petit “plouf” pour trois fois rien dans une piscine au milieu d’un décor relativement paradisiaque.

Ensuite, on remonte, on traverse quelques villages pour finalement aboutir à Tapay, 2.650m, petit village assez sympa et pittoresque, qui revit un peu ces derniers temps grâceà la construction d’un nouveau tronçon routier qui le connecte enfin au reste de la vallée par moyen de transport motorisé. On plante la tente dans le jardin d’un petit Hospedaje où loge… le couple de Suisses sur qui on vient de retomber par hasard, et avec qui on passe finalement la soirée à papoter!

Jour 2: de Tapay à Fure

07/01/2016

Petit déjeuner dans un autre hostal chez une dame bien sympa, qui fait sécher sa viande sur une corde à linge! Les proprios de celui où on a logé ne l’étant pas vraiment (sympas), on est donc allé chez elle que nous avions rencontrée la veille, mais qui n’avait malheureusement pas de petit coin de pelouse pour notre tente dans son petit établissement si charmant et cosy. Elle nous signale que le village de Fure, où on compte passer la nuit, a été déserté par ses habitants. On pourra y planter la tente mais on n’y croisera à priori pas âme qui vive!

On reprend la route carrossable, plus ou moins plate, sur une bonne partie du trajet. On y croise un couple Franco-Brésilien avec qui on avais sympathisé l’avant-veille, qui fait le parcours dans l’autre sens. Ils nous indiquent le changement de direction à prendre pour se rendre à Fure. On quitte donc la route pour prendre un petit chemin qui nous emmène dns une autre vallée, au bout de laquelle se trouve une chute d’eau que nous comptons voir le lendemain. Le sentier devient de plus en plus étroit et escarpé, alors que nous entendons des grondements de tonnerre s’approcher de nous. C’est lorsque nous sommes dans les secteurs les plus “corsés” que la pluie, somme-toute raisonnable, nous tombe dessus, et que la foudre s’abat au plus proche (heureusement, assez loin tout de même). On est pas tout à fait à l’aise, mais on passe finalement quelques passages plus techniques avec plus de peur que de réelles difficultés. Les pierres sont glissantes, le vide est proche, et on entend le bruit de quelques pierres qui dévallent la pente juste là où on doit passer…

Une fois à Fure, 2.900m, on tombe sur deux frères français qui ont déjà planté leur tente, une fois la pluie passée, et on passe la soirée en leur sympathique compagnie. On croise quand-même 2-3 “habitants” et on apprend que les autorités ont du faire évacuer le village pour des raisons de sécurité, la roche menaçant de s’effondrer sur celui-ci suite à une série de tremblements de terre quotidiens survenus durant un mois l’année précédente… On comprend un peu mieux pourquoi on a eu ce pressentiment de “frayeur” pour arriver là pendane l’orage!!! Les anciens habitants ont été relogés dans un autre (nouveau?) village, plus bas, desservi par la route (Fure ne l’étant pas!) et aux terres plus richement cultivables.

Jour 3: Catarata de Huaruro et Aguas Termales de Llahuar

08/01/2016

Pour aller voir la cascade de Huararo en fond de vallée, en compagnie des Français, étant donné qu’on devra revenir sur nos pas via Fure, on s’offre le luxe de planquer nos sacs à dos dans des buissons et de marcher quelques heures le dos libre! Une fois sur les lieux, on admire cette impressionnante chute d’eau, que j’évalue à 50-60m de hauteur. Gouttelettes vaporeuses et arc en ciel à ses pieds, puissant grondement sonore, pans rocheux vertigineux et ciel bleu dépourvu de nuages, le spectacle est impressionnant. De retour à Fure, on salue les Français qui font la route dans l’autre sens, et on met le cap sur Llahuar, où nous attendent des bains d’eaux thermales à 39° que l’on s’impatiente de rejoindre.

En chemin, on cueille, “désépine” et mange quelques tunnas, fruit de ces nombreux cactus qui occupent en masse le paysage. Quelques habitants nous ont expliqué comment gérer le caractère “épineu” de ces fruits tant convoités. Ensuite, on se voit contraint d’affronter le passage technique le plus difficile du trek: la traversée, bien que courte (+/- 1m50) d’un pierrier “mouvant”! On entend et voit des pierres tomber d’en haut, on en voit tomber en bas, et on doit marcher sur ce petit bout de sentier de fines pierrailles qui descend avec nos pieds dès qu’on s’appuie dessus… Concentration, observation, réflexion et frayeur; après quelques minutes statiques, je me lance avec succès sur des appuis sûrs de l’autre côté de l’obstacle. Quelques secondes plus tard, Agata le franchit également sans trop de difficultés… mais on a réellement eu la frousse, compte-tenu, entre-autres, de la profondeur du vide, de quelques centaines de mètres, en contrebas du sentier en question!

Après ça, les derniers quelques km qui nous mènent à Llahuar ne sont plus que simple formalité. On plante la tente dans le propriété du Lodge qui détient les sources chaudes dans lesquelles on s’empresse d’aller se relaxer après ces 3 jours de marche et cette dernière journée de fortes chaleurs! On passe de l’eau chaude à l’eau froide de la rivière, on papote avec les autres touristes, d’un peu tous les pays (Pérou, Texas, Espagne, Argentine, Pays-Bas, Québec, etc…), le tout dans un décor sublime et relaxant, malgré les moustiques, qui se retrouvent en nombre à cette (plus) basse altitude (2.000m)!

Jour 4: ascension vers Cabanaconde

09/01/2016

On attaque le dernière journée de marche par un léger dénivelé et le traversée du Rio Colca. Au bord de celui-ci, on peut voir, à cet endroit, quelques geysers! Assez inédit pour nous, on se rend au plus proche: fumée, odeur de souffre, eau en ébulition entre les pierres… et température étouffante malgré l’ombre et l’heure matinale. Il ne s’agit pas de geysers “jaillissants”, mais ce n’en est pas moins un spectacle curieux et étonnant.

Il ne nous reste donc plus qu’à remonter près de 1.290m jusque Cabanoconde, d’une traite et en plein soleil. Même si le dénivelé est conséquent, la réalité du chemin est moins ardue que ce qu’on a déjà fait, lors du trek de Choquequirao notamment. Ceci dit, la montée est longue et nous prend 6 bonnes heures en tout. En chemin, on a encore la chance d’apercevoir trois condors. D’abord un couple, qui se pose sur une falaise pour consommer un animal de petite taille non-identifié, que l’on a la chance de voir re-décoller en se lancant dans le vide depuis cette paroi verticale. Ensuite, un dernier spécimen isolé et beaucoup plus lointain.

Fin de journée, on finit par arriver à Cabanaconde, assez fatigués: la montée nous a presque fait oublier qu’on s’était si bien relaxé la veille…

Retour à Arequipa

09/01/2016

Le lendemain, retour de bonne heure à Arequipa: en route, les plaines de l’Altiplano sont toujours aussi magnifiques, et on passe encore une bonne journée dans cette ville où on tombe encore sur quelques perles avant de mettre le cap sur la Bolivie, comme cette cour/cloitre aux très belles colonnes sculptées!

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